20 mars 2024 - Accessibilité & Inclusion

Concevoir pour les daltoniens : un enjeu d'inclusion

Concevoir pour les daltoniens : un enjeu d'inclusion

Un bouton vert pour valider. Un bouton rouge pour annuler. Classique. Sauf pour une partie des utilisateurs qui ne voient pas forcément la différence entre ces deux signaux.

Concevoir une interface accessible, c'est s'assurer qu'elle reste compréhensible même quand la couleur ne suffit plus.

Le daltonisme n'est pas un cas rare. C'est une réalité pour une part importante des utilisateurs. Pourtant, dans beaucoup d'interfaces, la couleur reste encore le seul moyen de compréhension.

Le problème

Quand on conçoit une interface, on pense souvent que tout est clair visuellement. En pratique, plusieurs profils d'utilisateurs ne perçoivent pas les mêmes différences chromatiques.

  • Certains utilisateurs distinguent mal le rouge et le vert
  • D'autres confondent le bleu et le violet
  • Certains perçoivent très peu les écarts de contraste

Résultat : perte d'information, confusion et parfois erreurs dans les parcours les plus importants.

Bonnes pratiques concrètes

Ne jamais transmettre une information uniquement par la couleur

Une couleur seule ne suffit pas. Il faut ajouter d'autres signaux pour renforcer la compréhension.

  • Des icônes
  • Des labels
  • Des formes ou styles distinctifs

Par exemple : succès avec une icône explicite et un texte, erreur avec un pictogramme et un message clair.

  • ✅ Succès → ✅ + texte
  • ❌ Erreur → ❌ + message

Travailler les contrastes, vraiment

Le bon contraste ne se juge pas à l'œil seul. Ce qui paraît visible pour un concepteur peut devenir insuffisant pour un utilisateur en situation réelle.

Respecter les recommandations WCAG permet d'avoir une base fiable et mesurable.

Choisir des combinaisons de couleurs sûres

Certaines associations sont particulièrement à risque et doivent être évitées dans les états critiques ou les parcours importants.

  • Rouge / vert
  • Vert / marron
  • Bleu / violet

Tester comme un vrai utilisateur

C'est souvent à cette étape que les problèmes deviennent évidents. Les outils de simulation permettent de voir rapidement ce qui ne fonctionne pas.

  • Simulateurs de daltonisme
  • Extensions navigateur
  • Outils Figma et outils de dev

C'est en testant qu'on constate réellement les zones de confusion.

Ce que cela change vraiment

Concevoir pour les daltoniens n'est pas un bonus. C'est une décision qui améliore la qualité globale du produit.

  • Une meilleure UX pour tous
  • Moins d'erreurs utilisateurs
  • Une interface plus robuste

Au final, cela donne aussi une image plus sérieuse et plus professionnelle du produit.

Conclusion

Une bonne interface ne dépend pas uniquement des couleurs. Elle doit rester compréhensible même lorsque la couleur disparaît.

En tant que front-end developer, c'est souvent au moment de l'intégration que ces problèmes apparaissent réellement.

Et vous ? Est-ce que vous testez vos interfaces sans couleur ?